The Jun gar campaigns in Manchu

The Staatsbibliothek zu Berlin goes on with the digitalization of its Manchu collection. They have now started putting online the Beye dailame wargi amargi babe necihiyeme toktobuha bodogon i bithe, i. e. the official history of the Kangxi campaigns against the Jun gar leader Galdan.This is a welcome addition to the Jun gar i ba be necihiyeme toktobuha bodogon-i bithe published by the Qianlong emperor and avalaible on the French National Library’s website.

Those who are interested in the Jun gar campaigns may also consult the memorials written by Funingga from 1717 to 1724, while he was in charge of the campaign against Tsewang Rabtan.

This is quite an exciting time for readers of Manchu!

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New Manchu words and betel nuts

The following extract is taken from the Manju monggo gisun i ališara tookan bithe (‘Being bored and wasting time in Manchu and Mongol’ (1)). While the introduction has some interesting reflections on the Manchu language, the following dialogue throws light on how the ice gisun might have been received.

What is meant by ice gisun (‘new words/new language’) is the coining of new words and expressions that took place during the Qianlong reign. This was done in reaction to the ever increasing use of Chinese words in the Manchu language. Thus ging hecen ‘capital city’ was replaced by gemun hecen, sioi ‘introduction’ came to be called called šutucin and so on.
That these new words and phrases were indeed used is shown by the numerous ‘corrections’ that readers wrote in the old Manchu editions they possessed (see image below). This dialogue completes the picture, showing how knowledge of these new words might have spread among Manchu speakers.

ilan hergen i nomun

From the san dz ging to the ilan hergen i nomun

bi sikse yamji meni bakcin de tehe emu niyalmai emgi tacifi. sula gisun gisurere de. gaitai minde fonjime. musei niyanggūme jetere bin lang. manju gisun bio sere jakade. bi uthai angga ici manju gisun akū seme jabuha. amala geli kenehunjeme deribuhe. age de fonjiki. yargiyan i manju gisun akūn. inu. bin lang serengge. daci manju gisun akū bihe. te ice gisun banjibuha. niyaniore gūnin be gaime niyaniyūn sembi:

Yesterday evening, after studying together with someone, and while we were chatting ildly, he suddenly asked me: ‘Is there a Manchu word for the bin lang (2) we are chewing and eating?’ Without thinking I answered that there wasn’t. Later I started doubting it and [said] ‘Let’s ask the age‘. [I asked him] : ‘Is there really not a Manchu word?’ He said: ‘Right. As for bin lang, formerly there wasn’t a Manchu word. Now, new words have been coined. Taking the idea of ‘chewing’ [niyaniombi], we say ‘chewing nut’ [niyaniyūn]’.

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(1) This translation sounds quite negative. Maybe it should be closer to ‘Being idle and killing time with Manchu and Mongol’?
(2) bin lang, ‘betel nut’.

Qianlong’s dedication stela of the fragrant concubine’s mosque

Yesterday I read T. G. Brown’s article on Qianlong’s understanding of Islam (1). Its starting point is the text of the quadrilingual stela erected in the mosque built near the Imperial Palace in the 1760’s. Brown points several times to the fact that he could not use the Manchu text of the inscription since the rubbing published in Broomhall’s Islam in China is not legible enough. For readers who may be interested in this text, there is in fact a fairly good reproduction of the rubbing in a 1897 article by G. Devéria (2). It may also be worth pointing that a transcription of the stela can be found in Onuma Takahiro’s 250 Years History of the Turkic-Muslim Camp in Beijing (3).

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(1) T. G. Brown, “Towards an Understanding of Qianlong’s Conception of Islam: A Study of the Dedication Inscriptions of the Fragrant Concubine’s Mosque in the Imperial Capital”, Journal of Chinese Studies 53, 2011 (here).
(2) G. Devéria, “Musulmans et Manichéens chinois”, Journal Asiatique nov.-déc. 1897 (here).
(3) See here.

Justan i bithe (2)

2. Une journée de classe

– age si ne aici bithe hūlambi.
– bi ne manju bithe hūlambi.
– si manjurame bahanambio.
– bi teni tacime gisurembi.
– si hergen arame mutembio.
– bi arame mutembi.
– si te aibide geneki sembi.
– bi tacikū de genembi.
– suweni tacikū aibide bi.
– meni tacikū kui giya cang debi.
– suweni sefu inenggidari suwembe adarame tacibumbi.
– erde tacikū de dosifi bithe hūlambi. hūlame urehe manggi šejilembi. bithe šejilehe amala. bithe hūlambi. erde budalaha amala hergen arahambi. hergen arame wajiha. meni sefu baicame tuwame wajiha manggi. hergen simnembi. šun kelfike erinde isinafi. bithe be hūlahai šun tuhetele teni facambi. ere uthai tacikū i kemun. umai encu hacin i tacibure ba akū.
– Jeune homme, quelle sorte de livre lis-tu en ce moment ?
– En ce moment je lis des livres mandchous.
– Est-ce que tu peux parler mandchou ?
– Je suis en train d’apprendre.
– Est-ce que tu peux écrire ?
– Je peux écrire.
– Où veux-tu aller maintenant ?
– Je vais à l’école.
– Où est votre école ?
– Notre école est à Kui Giya Tchang.
– Comment votre professeur vous fait-il la classe chaque jour ?
– Après être entrés dans l’école tôt le matin, nous lisons un livre. Une fois familiers avec le texte, nous le récitons par cœur. Après l’avoir récité, nous le lisons. Après le petit-déjeuner, nous écrivons. Après que nous ayons fini d’écrire et que le maître a fini d’examiner, il teste notre écriture. Quand le soleil commence à décliner nous lisons et ne partons que lorsque le soleil se couche. Tel est la règle de l’école, l’enseignement ne se fait pas autrement.

Justan i bithe (1)

Le déclin progressif de la langue mandchoue au cours du XVIIIe s. et la nécessité de plus en plus grande d’enseigner le mandchou aux Mandchous eux-mêmes fait que de nombreux livres à cet effet nous sont parvenus. Cahiers d’écoliers ou véritables méthodes, ils comprennent très souvent des dialogues d’une longueur et d’une difficulté variables. Dans le cas des dialogues élémentaires destinés aux écoliers, les phrases et les thèmes abordés sont très souvent les mêmes (se présenter, parler de ses études, décrire ses capacités en tant qu’archer…) mais très vite des variantes apparaissent, qui une fois rassemblées sont un point d’entrée non négligeable pour l’étude de la vie quotidienne des garnisons mandchoues.

Les dialogues qui suivent sont tirés du cahier d’un certain Ioishan, le document peut être consulté ici. Il est intéressant de comparer ce texte à celui que possède la Harvard Yenching Library (1). Une différence notable est la présence dans le Justan i bithe d’informations sur l’heure et le mois de naissance de Ioishan, informations qu’il n’était à l’origine pas dans les habitudes mandchoues d’enregistrer (2).

1. Se présenter

– age si ya gūsangge.
– bi gulu lamun i manju gūsangge.
– ya jalan.
– jebele dube manju jalan.
– wei nirungge.
– guwanyen nirungge.
– sini gebu ai.
– mini gebu ioišan.
– si ere aniya. udu se.
– bi ere aniya juwan ninggun se.
– ya biya banjihangge.
– nadan biyai orin de banjihangge.
– ai erin.
– ulgiyan erin.
– sini ama eniye gemu bio.
– mini eniye bi.
– suweni ahūn deo udu.
– meni damu emteli beye.
– suweni boo aibide tehebi.
– meni boo giyan g’an bai hūtung tehebi.
– udu giyalan boo tehebi.
– ninggun giyalan boo tehebi.
– si ne ai beye.
– bi ne adaha hafan.
– Jeune homme (3), de quelle bannière es-tu ?
– De la bannière bleue.
– Quel régiment ?
– Le troisième régiment mandchou.
– Quelle compagnie ?
– La compagnie de Guwanyen.
– Quel est-ton nom ?
– Mon nom est Ioishan.
– Quel âge as-tu cette année ?
– Cette année, seize ans.
– Quel mois es-tu né ?
– Je suis né le vingtième jour du septième mois.
– A quelle heure ?
– A l’heure du sanglier (21-23h).
– Ton père et ta mère sont-ils tous les deux vivants ?
– Ma mère l’est.
– Combien de frères et soeurs as-tu ?
– Il n’y a que moi.
– Où est ta maison ?
– Dans l’allée Giyan G’an Bai.
– Combien de pièces a ta maison ?
– Six pièces.
– Qu’es-tu en ce moment ?
– En ce moment, je suis adaha hafan (4).

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(1) Consulter l’original ici ; pour une translittération et une traduction, voir cette page.
(2) cf. M. Elliott, The Manchu Way, 2001, p. 242 et n.43, p. 468.
(3) Traduire le terme age est quelque peu problématique et je suis ici la traduction proposée sur le site du MSG. Littéralement, il s’agit d’un terme respectueux que les dictionnaires traduisent par “sir, master lord”. Toutefois il porte peut-être une valeur plus familière comme le suggèrent le contexte de ces dialogues ainsi que la traduction qui en était faite par les étudiants de la mission russe à Pékin à la fin du XVIIIe s. (cf. ce post).
(4) Un titre héréditaire du sixième degré (cf. J. Norman, A Concise Manchu-English Lexicon, 1978, p. 6).